La reine des berbere Kahina

La reine des berbere Kahina
La Kahina, de son vrai nom Dihya ou Dahya, symbolise l'âme de la résistance amazighe face aux musulmans. Reine des Aurès, et probablement de religion chrétienne, elle montre un courage remarquable contre l'invasion musulmane, d'autant qu'elle est déjà âgée lors de la lutte. Elle parvient à rassembler les tribus imazighen. Lorsque qu'Hassan Ibn en Nu'man attaque le pays en 697 son armée est écrasée, et les musulmans chassés. Après s'être débarrassé des Byzantins, qui occupent encore une partie de la région, Hassan Ibn en Nu'man livre une guerre systématique aux Imazighen, dévastant le Nord du pays.
En 701, ayant obtenu des renforts du Calife Ibn Marwan, Hassan Ibn en Nu'man reprend tous les territoires perdus. Il finit par vaincre les Imazighen, lors de la dure bataille de Tabarqa, et capture Dihya, qu'il fait décapiter. Cependant, Hassan Ibn en Nu'man n'est pas cruel. Non seulement, il ne fait pas de prisonniers, mais il donne le commandement de ses armées aux deux fils de Dihya, qui se convertissent à l'Islam. Il ne commet pas d'exactions, et fait preuve de bienveillance à l'égard du peuple.
Jamais sans doute un personnage historique n'a fait l'objet de tant d'interprétations. La reine Dihya est en effet plus qu'une reine au comportement exemplaire et héroïque. Elle est un symbole de résistance, et habite l'imaginaire des Imazighen.

Son nom n'est même pas bien établi : elle s'appelait peut-être Dahya, Damya ou Kahia.

Bien des interprétations la concernant ne sont pas sans arrière-pensées idéologiques. Pour les occidentaux, il s'agit d'une reine mythique, comme s'il fallait minimiser son combat. On la dit chrétienne dans le même but, comme si elle présageait de la domination coloniale, alors qu'elle fut au contraire l'exemple du refus de la soumission. Les historiens arabes la surnommèrent Kahina, ce qui veut dire la prophétesse mais aussi péjorativement la devineresse, la sorcière. Ils la déclarèrent de religion juive pour montrer qu'elle était une ennemie de la foi musulmane, ce qu'elle fut effectivement, mais certainement pas en termes religieux. Quant au juifs, ils l'admirèrent, faisant un parallèle avec Déborah, la princesse mythique qui réveille le peuple(1). Les Imazighen eux-mêmes ont sans doute exagéré le personnage, puisqu'on lui prête parfois l'âge, de toute évidence très exagéré, de 127 ans à sa mort !

Dans cette page nous avons voulu avant tout faire la part de la réalité historique si difficile soit-elle à connaître. Dihya est effectivement un exemple de courage hors du commun. Chef politique hors pair, c'était aussi une femme qui su protéger ses enfants.

On ne sait presque rien de son origine. Nous ignorons sa date de naissance. On ne sait pas précisément sa religion. Peut-être fut-elle chrétienne ou juive, mais elle a pu être également animiste(2). Ce qui est certain, c'est qu'elle originaire de la tribu Djawara ou Jeroua donc une tribu Zénata, dont le mode de vie était pastoral et semi-nomade. On ignore comme elle parvint à la royauté. Il semble que son pouvoir lui fut donné par un conseil de tribus, mais il très abusif d'évoquer un sénat amazigh, qui sans doute n'exista pas. Ce conseil reconnut sans doute son intelligence remarquable et la mit à la tête d'une confédération, regroupement de tribus qui était courant face à un péril grave. La légende dit aussi qu'elle était d'une beauté éblouissante. Il est fort probable qu'elle succéda à Kouceila dans la lutte contre les musulmans, et c'est à un âge avancé qu'elle est amenée à lutter contre ces derniers.

A cette époque, une guerre oppose les musulmans, dirigés par Hassan d'Ibn en Nu'man, les chrétiens byzantins, qui tentent de préserver leurs possessions dans cette région, et les Imazighen, habitants des lieux. Ces derniers sont d'abord divisés sur la conduite à tenir. La Reine Dihya parvient à les rassembler, par son pouvoir de conviction et sa grande intelligence pour lutter contre l'invasion musulmane. Le résultat ne se fait pas attendre, puisqu'en 697, sous son commandement, ils écrasent l'armée d'Ibn en Nu'man. Celui-ci doit livrer bataille près de l'Oued Nini, à 16 km d'Aïn al Bayda. Les troupes imazighen font tant de victimes que les Arabes appelèrent le lieu "Nahr Al Bala", ce qui se traduit par "la rivière des souffrances". On dit que la rivière était rouge du sang des combattants arabes. Après cette victoire les Imazighen poursuivent les musulmans, et leur imposent une seconde défaite. Le calife Malik rappelle ses troupes en Tripolitaine (l'actuel nord de la Libye).

Les musulmans décident alors de concentrer leur effort de guerre contre les chrétiens byzantins. En 695, les Byzantins reprennent Carthage aux musulmans. Ils y restent seulement trois ans, avant d'en être définitivement chassés en 698. La même année, Ibn en Nu'man fonde Tunis. En fait, les Byzantins sont obligés de lâcher prise, préoccupés par des tensions au nord de leur empire. La montée en puissance des royaumes chrétiens européens constituent en effet une menace pour eux encore plus grave que l'invasion musulmane.

Le royaume de Dihya reste alors le seul obstacle contre la progression des musulmans à l'ouest et Hassan Ibn en Nu'man reprend l'offensive contre les Imazighen. Conscient de la forte résistance qu'il va rencontrer, il entreprend une conquête systématique du pays. Possédant Carthage et la nouvelle ville de Tunis, il dispose enfin de solides bases arrières. Dihya se trouve alors forcée d'appliquer une politique de terres brûlées. Devant eux, les musulmans ne trouvent qu'un pays détruit. Une partie de la population n'apprécie semble-t-il pas cette politique, encore que ceci ne soit pas historiquement prouvé. Ibn Al Nu'man en tire partie : il obtient des renforts du calife Abd al-Malik en 702. Son armée compte alors probablement plus de 50 000 combattants. Face à une telle force, Dihya n'avait d'autre choix que cette politique désespérée.

Après deux ans de guerre, la bataille finale a lieu en 704, à Tabarqa. Dihya envoie auparavant ses deux fils rejoindre le camp musulman, afin de préserver les intérêts de sa famille. Ceci signifie que, loin de se renier, elle se place au contraire comme un chef de guerre, qui privilégie son combat et se libère ainsi de toute attache familiale. Il est probable qu'elle savait son combat perdu mais loin de plier, elle accepte la mort avec un courage qui force l'admiration.

La bataille de Tabarqa est finalement gagnée par les musulmans, mais ce n'est pas victoire facile pour eux. Les Imazighen, bien que très inférieurs en nombre, opposent une farouche résistance. Finalement, la Reine Dihya est capturée et décapitée au lieu-dit Bïr El Kähina (Le puits de la Kahina). Sa tête est envoyée au calife Malik selon certains, jetée dans le puits selon d'autres(3).

Hassan Ibn en N'uman fait preuve d'un grand respect pour le peuple amazigh après sa victoire. Il ne fait pas de prisonniers et ne commet aucun pillage. Sa grande tolérance en fait d'ailleurs l'un des artisans de l'islamisation des Imazighen.

Les deux fils de Dihya (Ifran et Yezdia) avaient rejoint le camp musulman avant la bataille. Certains auteurs ont vu là une trahison de leur part. C'est à notre avis une erreur, puisqu'il est clairement établi qu'ils rejoignirent le camp adverse sur ordre de Dihya, et qu'ils ne participèrent pas à la bataille de Tabarqa. Ils ne se convertirent à l'Islam et n'obtinrent un commandement militaire qu'ensuite, lorsque Hassan Ibn en N'uman se décida à conquérir le Maroc.

Selon certains auteurs, Dihya avait également un fils adoptif du nom de Khaled, un jeune arabe fait prisonnier lors de la bataille de l'Oued Nini, qu'elle aurait adopté. Même si on ne peut totalement exclure cette adoption, cette thèse nous semble douteuse. On a en effet affirmé qu'elle partagea le lait de son sein entre Khaled et ses deux enfants légitimes, ce qui semble impossible pour une femme âgée. On ne sait d'ailleurs rien sur l'homme qui lui donna ses deux fils (il devait sans doute être de haut rang) mais si on tient compte du fait qu'ils obtinrent un commandement dans l'armée musulmane rapidement, il n'étaient certainement pas de jeunes enfants à la mort de la reine.

Longtemps encore, Dihya et ses fils susciteront des légendes. Ceci est sans doute dû autant à sa détermination de femme, insoumise jusqu'au sacrifice d'elle-même qu'à la protection qu'elle donna jusqu'au bout à ses fils, en mère exemplaire. Symbole des femmes imazighen, elle est aussi le symbole de toute une culture, à l'égal de Massinissa et de Jugurtha.

# Posté le samedi 16 septembre 2006 16:16

Idir

Idir
Né en Kabylie dans le village d'Aït Lahcêne, Idir n'a jamais dévié d'une trajectoire commencée par un radio-crochet à la radio-télévision algérienne en 1973, poursuivie à Paris avec un tube demeuré inoubliable - c'est sûrement l'une des grandes chansons du siècle -, "A Vava Inouva" "Mon petit père", présenté en 1973 à Alger, enregistré sur 33 T chez Pathé-Marconi en 1976). Douceur, balancement de la mélodie, arrivée de la guitare empruntée au folk et à la chanson à texte : voici comment les Kabyles (Idir, Aït Menguellet, Matoub Lounès, Ferhat), appartenant à un groupe dit minoritaire et parlant le tamarzight, "la langue de l'homme libre", et non l'arabe, ont changé la face de la musique algérienne, à l'instar du raï oranais quelques années plus tard. "A l'époque, dit Idir, les canons du bon goût étaient ceux du Moyen-Orient. La chanson kabyle a remplacé les quarante violons d'orchestre par deux guitares et deux voix".

Garder ses racines pour explorer le monde : telle pourrait être la devise d'Hamid Cheriet, dit Idir ("Il vivra" en kabyle).
Il demeure un mythe auprès de la communauté algérienne en France, majoritairement kabyle. Les plus jeunes l'aiment comme un grand frère de philosophie.

Défendre la langue berbère, la richesse des différences culturelles, le droit à la poésie et la démocratie éclairée sont quelques uns de ses préceptes.
En 1973, le jeune étudianten géologie, enfant de la Révolution algérienne, fils de paysan né en 1949 en Grande Kabylie, se destinait à prospecter le pétrole et l'eau dans les régions désertiques du sud algérien, chante une berceuse sur Radio Alger, remplaçant in extremis une vedette défaillante. Quelques mois plus tard, soldat encaserné à Blida, il entend "A Vava Inouva" sur Radio France. "C'était bizarre". Venu à Paris en 1975, il dit avoir senti deux fois le sentiment de l'exil, cette puissante mélancolie qui l'unit aujourd'hui à l'Ougandais Geoffrey Oryema : à Paris et à Alger, où dès l'âge de neuf ans, il est élevé à l'école des missionnaires jésuites.
Etre kabyle passe alors pour une marque de dissidence "bouseuse". Bretons et Auvergnats y reconnaîtront les brimades infligées à leurs ancêtres. Idir, de Paris, accompagnera l'histoire de son pays, le Printemps berbère, révolte contre le pouvoir central en 1980, les massacres de civils dans les années 90. Idir n'a cessé d'appeler à la réconciliation nationale, à l'anti-fanatisme, organisant "L'Algérie, la vie", un concert commun avec l'arabophone Khaled en juin 1995, ou participant à l'hommage à Matoub Lounès assassiné en juin 1998.

Identités est le troisième album d'Idir. En trente ans de carrière, c'est peu. Suffisant, pour qui vit à l'écart des affaires industrielles de la musique et pèse ses chansons comme ses mots :
Deux microsillons, A Vava Inouva en 1976, Nos enfants en 1979, compilés ensuite sur le même CD, Les chasseurs de lumières en 1993. Un duo avec le breton Alan Stivell, et toujours cette extrême délicatesse des flûtes, des voix, de la guitare.

Six ans plus tard, Idir s'apprêtera à construire un album solo. Mais il est happé par la proposition d'une sorte de Tribute To, où il est payé de sa générosité en retour. "C'est un Tribute To où je suis le seul présent partout", un hommage où Idir demeure maître et servant de ses chansons, où il crée des titres inédits que d'autres ont composés pour lui, dont "A Tulawin" de Manu Chao, l'ex-Mano Negra, revenu au devant de la scène avec Clandestino en 1998. "Que ces gens veuillent partager des chansons avec moi est une forme de reconnaissance", dit Idir. Déjà adapté en kabyle, mais avec une traduction pratiquement littérale, par Brahim Izri, né dans le même village qu'Idir, San Francisco de Maxime Le Forestier devient Tizi-Ouzou, et la maison bleue, "le symbole de la contestation et de la volonté de vivre la culture kabyle". Maxime Le Forestier n'y est pas resté insensible, qui vient chanter en kabyle la nouvelle version de sa chanson, hymne de la nouvelle vague de la chanson française des années 70." Il fallait que ce soit suffisamment kabyle pour que je puisse pointer le bout de mon nez, mais assez discret pour laisser les autres libres".

Voici donc, L'Orchestre National de Barbès (ONB), Gnawa Diffusion, de joyeux groupes organisant la résistance musicale de la jeunesse maghrébine de France, sans exclusivité de nationalité ou d'appartenance éthnique, mélangeant la richesse de la musique du Maghreb, des transes gnawas à la chanson kabyle. Voici le DJ Fred Galliano, le franco-gallicien Manu Chao, les Bretons manipulateurs de sons.
"J'ai choisi des gens qui sont en pleine ascension, plutôt que des artistes établis", dit Idir.
Identités n'en devient pas une mosaïque pour autant : Idir mène la danse avec la concision et la musicalité qui lui sont propres.
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# Posté le dimanche 17 septembre 2006 04:55

Matoub Lounès

Matoub Lounès
Matoub est né le 24 Janvier 1956 à Tourirt Moussa - Tizi Ouzzou . Il a débuté sa carrière professionnelle 1978 par l'enregistrement de son premier album "Izem" chez Agraw édition dirigée à l'époque par la chanteur Idir.
Son œuvre se compose pour l'essentiel de chansons engagées à la cause identitaire amazighe et aux valeurs démocratiques .chaque chanson touche à une plaie dans la politique ségrégative de la junte arabo-islamiste au pouvoir. Défenseur farouche de la culture amazighe Maâtoub n'a jamais hésité à manifester sa rébellion face aux thèses des intégristes et à dénoncer la politique d'arabisation forcée de l'école ,de l'administration et des médias publics.

Pionnier du Mouvement Culturel Amazigh et principal animateur du Printemps

Berbère en octobre 1980, plusieurs fois interdit de rentrer en Algérie , souvent arrêté et relâché par la sécurité militaire Maâtoub a était grièvement blessé par cinq balles à un barrage de gendarmerie parce qu'il transportait des tracts appelant la population à la vigilance.

Le 25 Septembre 1994 ,juste après la quatrième semaine de la grève des écoliers dite la grève "des cartables" Maâtoub fut enlevé et détenu pendant deux semaines par un groupe armé islamiste . Il sera libéré le 10 octobre suite à la solidarité et la mobilisation de toute la Kabylie .

Le 18 Janvier Matoub publie en France "Rebelle" récit de son enlèvement et donne un double récital au Zénith le 28 Janvier 1995.

Quatre ans plus tard , le 25 Juin 1998 le chanteur a été assassiné par les ennemis de la Démocratie et de la culture amazighe.

Le 28 Juin , plusieurs milliers de personnes ont assisté à l'enterrement du poète devant sa maison dans son village natal .

Le 30 Juin le GIA revendique l'assassinat de Matoub Lounès .



"Les gens me connaissent beaucoup plus à travers mes cassettes et disques. La raison est que les médias, principalement la T.V. et les chaînes de radio nationales n'ont jamais levé le veto me concernant. De ce fait, j'ai été tout le temps interdit d'antenne. Je ne suis pas considéré peut-être par eux comme un chanteur au même titre que les autres. Il semblerait que je sois un trouble-fête. Ce n'est qu'après octobre que certains ont "osé" parler de moi. Timidement donc, je commençais à faire surface. Mais j'étais toujours en garde-à-vue. Et je crois que jusqu'à maintenant ce mutisme continue à mon égard." Matoub Lounès - Horizons le 25/26 mai 1990)
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# Posté le dimanche 17 septembre 2006 15:49

Modifié le lundi 18 septembre 2006 06:27

Chaoui

Chaoui
Lui c'est mon pote mon couzin mon frère tout ce que tu veux il es super cool et c'est un Chaouia de bohmar tinkiet représente metter en com's pour lui il le merite Azul à toi agma

# Posté le dimanche 17 septembre 2006 15:56

L'alcool

L'alcool
Entre boire et conduire il faut choisir "La religion"
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# Posté le lundi 18 septembre 2006 06:34